Photos © Thaïs Breton
Laurenz est un employé de bureau discret. Un soir, il fait un détour sur son chemin et pousse la porte d’une
étrange boutique. Le vendeur lui propose d’essayer trois rêves, qui vont changer sa vie.
Équipés d’un casque audio, les spectateur.ice.s sont placé.e.s « dans les oreilles » de Laurenz.
Construits à vue par les 3 interprètes, les rêves renversent l’espace du bureau, le transforment en train lancé à pleine vitesse, en voiture de course, en fusée, en bateau…
“Le Petit Vertige”, instrument conçu par le luthier Léo
Maurel, opère une bascule entre les mondes. Les enregistrements en binaural et la création live font osciller le public, parents et enfants, au seuil d’une frontière poreuse entre théâtre et musique, rêve et réalité.
Pour effectuer un enregistrement en binaural, il faut capter les sons grâce à des micros
placés dans les oreilles d’un modèle de tête humaine : le spectateur est littéralement
placé dans la peau d’un personnage : ici, ce sera celle de Laurenz, petit employé de
bureau que personne ne remarque. Les micros seront placés dans les oreilles de l’acteur,
Youssouf Abi-Ayad.
La mise en scène cherche à opérer un trouble entre la bande sonore réalisée en amont,
et les sons produits au plateau, par les 3 acteurs – musiciens ; une tension entre ce qui
est vu et ce qui est entendu. La frontière entre rêve et réalité devient un seuil où les deux se confondent, s’allient, se répondent. Même
les espaces réalistes, comme l’entreprise, ou la rue que parcourt Laurenz, submergé
par les voix des passants, sont teintés de folie, car rien n’est plus fou que le monde dans
lequel nous vivons.
Mais la boutique est aussi un commerce du rêve : qu’est-ce que ce magasin dans
lequel il s’agit de donner de son temps de vie disponible pour obtenir son rêve ? On
peut échapper à la réalité, à la contrainte, mais quelle sorte d’asservissement en sera
la monnaie ? On peut y voir aussi l’appel incessant du divertissement, d’une liberté sans
limites, d’un désir qui, s’il se relâchait dans la vie réelle, pourrait être dangereux, voire
violent.
D’après la nouvelle et la pièce radiophonique d’Ingeborg Bachmann Ein Geschäft Mit Träumen, traduites par
Magali Jourdan et Mathilde Sobottke.
Mise en scène : Clara Chabalier
Composition : Karl Naegelen
Scénographie : Franck Jamin
Réalisation sonore : Julien Fezans
Interprétation : Youssouf Abi-Ayad, Guy-Loup Boisneau, Constance Larrieu
Bande sonore et musicale : Amaryllis Billet, Guy-Loup Boisneau, Christophe Girard, Keiko Murakami, Joris Rühl, Carolina Santiago Martinez.
Avec la participation des élèves de la classe de la Comédie, Centre dramatique national de Reims, promotion 2027.
Création lumière : Victor Egea
Costumes : Inga Adeline-Eshuis
Lutherie : Léo Maurel
Régie générale en tournée : Alexis Derouet
Régie lumière en tournée : Lucie Cardinal
Production déléguée : Césaré, Centre national de création musicale de Reims.
Coproduction : Compagnie Pétrole, conventionnée par la DRAC Île-de-France ; Festival Musica – Strasbourg ; Comédie de Colmar – Centre dramatique national d’Alsace ; La Muse en Circuit, Centre national de création musicale d’Alfortville ; La Cité musicale-Metz ; Bords 2 Scènes – Vitry-le-François.
Soutien : DRAC Grand Est, Région Grand Est – Dispositif Mieux produire, mieux diffuser, Membres du réseau CAMÉLÉON de la PFMC (Plateforme des musiques de création grand est) ; Théâtre de Montbéliard – MA scène nationale – Pays de Montbéliard ; Sacem – aide à la création / production de spectacles musicaux pour le jeune public ; Spedidam – aide à la création d’une bande originale pour spectacle dramatique ou chorégraphique ; La Pop – Incubateur artistique et citoyen ; Le Théâtre L’Échangeur – Cie Public Chéri.
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.
Pièce traduite avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale.
Projet soutenu dans le cadre de la onzième Journée de repérage artistique organisée par La Pop, en partenariat avec le Théâtre de de Vanves, Danse Dense, Les Gémeaux – Scène nationale de Sceaux et le Théâtre Silvia Monfort.