Autoportrait

D’après Autoportrait d’Édouard Levé, et les démarches photographiques de Cindy Sherman, Francesca Woodman, Robert Mapplethorpe.

Mise en scène: Clara Chabalier
Avec: Clara Chabalier, Samir El Karoui, Fanny Fezans, Arnaud Guy, Pauline Jambet.

Scénographie & Vidéo: Jean-Baptiste Bellon
Création sonore: Vincent Lagadrillière “Shrink” et Yoann Romano.
Lumière: Philippe Gladieux

Production: compagnie les ex-citants, avec le soutien du Théâtre-Studio d’Alfortville et de la SPEDIDAM.
Spectacle soutenu par l’Office National de la Diffusion Artistique.

photos © Marikel Lahana

Dates

15 au 17 octobre 2011 : Confluences [Festival Péril Jeune]
20 au 23 juin 2012 Théâtre-Studio d’Alfortville [Festival Allant-Vers]
7 janvier 2013 Diffusion de « Something I’ll Never See », documentaire sonore sur Radio Campus
8 et 9 février 2013 : Théâtre les Ateliers (Lyon) [Festival Sang Neuf]
1er mars 2013 : Théâtre de Vanves [festival Artdanthé]




Avec l’invention de la photographie au 19e siècle, un autre espace-temps s’invente: le langage de la réalité n’est plus linéaire, textuel, historique, il imbrique la fiction dans une multitude de pixels qui prennent sens les uns par rapport aux autres. Avec le développement des réseaux sociaux, le geste fondateur de l’artiste de se représenter en créateur devient banal, prolifère. Les appareils, devenus de plus en plus simples d’utilisation, génèrent une multitude de représentations de soi révélant l’angoisse croissante de savoir qui je suis dans un monde où je ne sais plus ce que je maîtrise, et le besoin de crier que j’existe, fût-ce dans un désert.

Ce projet est le fruit d’une réflexion sur la représentation au théâtre, et d’une passion pour la photographie. Il est également un questionnement sur la place de l’individu, sur son enfermement dans une identité unique et moyenne, sur le nivellement des personnalités par le développement des médias de masse, dont la fonction principale est de favoriser la société de consommation. Je cherche à réfléchir sur ce qui pousse l’individu à s’asservir lui-même à une identité définie, reconnaissable, et les troubles de la personnalité qu’un tel quadrillage implique.
Ce questionnement ne peut s’extraire des progrès techniques que nous vivons ces dernières années, et qui sont particulières à notre génération et à celles qui viennent après nous, comme elle ne peut s’extraire des gestes qui ont influencé l’histoire de l’art.

Presse

Mari-Mai Corbeil : « Entre désastre et apparition : l’image de soi »  :

 » Il y a dans Autoportrait, une réflexion latente sur l’acteur et le théâtre, qui se réfléchit sur celle d’être ou de ne pas être, tout court, dans la vie. Et le fait que Clara Chabalier soit dans son désir propre d’évoquer sa fascination pour la photographie, pour le rayonnement photographique (traversant le temps avec tout son tragique), est déjà une réponse : seul le désir et sa mémorielle course (en marche arrière presque, dirais-je) donne existence au soi, et à la possibilité de se représenter. »

Fabrice Chêne, Les Trois Coups

 » Rendre hommage à ces quatre artistes sans montrer leurs oeuvres était un défi difficile à relever, mais l’aspect un peu disparate est compensé par la réelle inventivité visuelle dont la metteuse en scène a su faire preuve. (…) Son spectacle ludique qui interroge le thème de l’identité à travers la mise en scène de soi emporte l’adhésion, et mériterait d’être repris sur une scène moins exigue. »

Hélène Chevrier, Théâtral Magazine : Clara Chabalier, portrait d’une génération (entretien)


Something I’ll never really see

Documentaire Radiophonique – 52 minutes


Réalisation: Clara Chabalier et Julien Fezans
Voix: Clara Chabalier, Julien Fezans, Arnaud Guy
Musique: Yoann Romano

avec des extraits d’Autoportrait d’Édouard Levé (P.O.L.), d’Homo spectator de Marie-josé Mondzain et de Pour une philosophie de la photographie de Vilém Flusser.

Avec la participation de Baptiste Brun, Olivier Cadiot, Yves-Noël Genod, Rachel Laurent, Vincent Macaigne, Aldo Paredes, Lucien Reynes, Guy Scarpetta, Clarisse Tranchard et Charles Zevaco.


Cet autoportrait d’une troublante simplicité, fait par Gavin Turk en 1997, a d’abord été proposé à des passants pris au hasard dans la rue. Au vu de l’intérêt de leurs réponses, mais aussi du temps nécessaire à laisser parler une image, nous avons souhaité la proposer au regard d’artistes.
Ces entretiens ont été mêlés aux textes théoriques de philosophes contemporains, ainsi qu’à la démarche à la fois comique et troublante du photographe et écrivain Edouard Levé.


Avec la volonté de faire du spectateur un théâtre où naitraient des photographies non encore déclenchées, s’ajoute la nécessité d’interroger cette mutation numérique, d’une importance comparable à l’invention de l’alphabet, qui nous pousse à nous mettre sans cesse en scène tout en vidant l’espace nécessaire à savoir si ces instants sont morts, ou vivants.