Photos © Marikel Lahana

La Défense
devant les survivants

D’après « L’invention de Morel » d’adolfo Bioy Casares 

Un homme se réfugie sur une île qu’il croit déserte. Alors qu’il croit être seul, il voit d’autres habitants sur l’île, qui se comportent de manière étrange : ils dansent, jouent, rient, malgré les tempêtes et les ouragans qui s’abattent sur l’île. Chaque soir il observe en secret une femme, qui contemple le coucher du soleil sur les rochers de l’ouest. Il décide d’aller lui parler, mais la femme ne lui répond pas. Non seulement elle ne lui répond pas, mais elle l’ignore, elle agit… comme s’il n’existait pas! Il décide de vaincre sa paranoïa, et de s’approcher du groupe.

Le réfugié assiste alors à une réunion où Morel avoue à ses invités qu’il a créé une invention capable de capter les vivants, non seulement les images, les sons, mais tout cela ensemble pour créer une image totale qui reproduit le vivant à tel point qu’on préfèrerait croire que ce sont des acteurs. 

Le réfugié comprend alors que ce qu’il voit est l’image d’un groupe ayant passé une semaine de vacances sur l’île il y a 10 ans ; que cette Semaine tourne en boucle, pour l’éternité ; que les originaux sont morts, les capteurs trop puissants les ont brûlés de la superficie vers l’intérieur : l’explication de la fameuse peste

Faustine n’existe plus. Il ne reste que cette image de Faustine, à jamais inaccessible.

Il décide donc d’activer l’invention pour s’intégrer dans le film de la Semaine Eternelle, et s’inscrire auprès d’elle…. À jamais.

Mise en scène

Clara Chabalier

dramaturgie

adele chaniolleau

Avec

Alexandre Pallu

alvise sinivia

(distribution en cours)

Scénographie

franck jamin

création Lumière

Gildas Goujet

création sonore

julien fezans

création vidéo

david lejard-ruffet

Administration, Production

Mara Teboul
(L’Œil Ecoute)

Une histoire de fantômes

La projection des images captées sur la matière même de l’île créée des situations décalées et cocasses (tirer un rideau figé comme de la pierre, voir deux fois le même exemplaire du même livre), absurdes (danser joyeusement en pleine tempête, plonger dans une piscine pleine de poissons morts) ou surréalistes (apercevoir deux lunes ou deux soleils, être plongé dans des échos se re-projetant à l’infini). Ces situations constituent un intérêt théâtral indéniable, car elles interrogent les codes, les subterfuges, les tour de passe-passe, et utilisent les moyens même du théâtre pour se faire comprendre. Ce procédé d’incarnation-dénonciation permanent créée un jeu absurde, décalé, à la limite du grotesque. 

Pour sculpter cette présence à la fois fantômatique et bien réelle des personnages, je veux utiliser à la fois des procédés de trucages anciens, tels que le Pepper’s Ghost, et les croiser avec des procédés technologiques actuels, tels que des projections en 3D ou du mapping sur des objets réels. 

Car si l’espace théâtral est par essence dédié à l’apparition de fantômes, je veux aussi par la représentation interroger la relation que la société contemporaine digitale et technologique entretient avec les fantômes créés par les appareils qui nous entourent. 

Production

Compagnie Pétrole.

Production en cours. 

Dates

2022-2023
2019-2020