Cassandre-Matériaux

Projet de recherche sur l’acteur et l’espace virtuel

d’après Alexandra de Lycophron
Traduction : Pascal Quignard

conception, adaptation et mise en scène : Clara Chabalier
avec : Clara Chabalier, Venia Stamatiadi, Jules Turlet (chansigne)
composition et jeu au cadre de piano : Alvise Sinivia
développement et conception de l’avatar : Jean-François Jego, Judith Guez, Dimitrios Batras
scénographie virtuelle  et sound design : Vicky Bisbicki
interprétation sonore : Paul Ramage (Alcôme)
assistant à la mise en scène : Thomas Morisset
médiatrice en langue des signes française : Claire Danet
création lumière : Emmanuel Valette

Production : compagnie Pétrole
avec le soutien du Théâtre Nanterre-Amandiers – Centre Dramatique National, du 104, et du Labex Arts H2H Cigale.
Ce projet bénéficie d’une aide à la recherche de la part du DICREAM (CNC) et du soutien de l’Institut Français d’Athènes.

crédits photos : © Clara Chabalier et © Emmanuel Valette

Dates

13 et 14 février 2016 : Théâtre de la Commune – CDN d’Aubervilliers [Festival JT16]

5 Juin 2014 : Théâtre 95 [CERGY-PONTOISE] – étape de travail

Colloques :

11 décembre 2014 : Antiquités 2.0 Journée d’études organisée par Anne-Violaine Houcke et Alain Kleinberger [Paris ]

3,4,5 Juin 2015 Corps en Scène : l’acteur face aux écrans, Colloque international organisé par Josette Féral [Paris – Sorbonne Nouvelle Paris 3 / Université du Québec à Montréal]

26 Octobre 2018 Traduire la performance Journée d’étude organisée par Fanny Catteau [Paris – CNRS]

Condamnée à prédire l’avenir sans jamais être crue, Cassandre est enfermée dans une tour par son père, Priam, souverain de Troie, lassé de ses malédictions. Pris de regret, il demande au gardien de lui rapporter ses paroles.

« Poème obscur » qui a traversé les siècles jusqu’à nous, dans la traduction de Pascal Quignard, ce texte mystérieux et passionnant retrace toute l’histoire de la Grèce Antique depuis la guerre de Troie jusqu’à la construction de l’empire d’Alexandre le Grand. Ecrit dans une langue codée et puissante, maniant l’énigme aussi bien que la périphrase, il devient le récit universel et inactuel de l’errance et de la guerre, le travail constant du poète visionnaire pour rétablir une mémoire disparue.

Mettre en scène ce texte aujourd’hui, c’est alors se confronter avec l’impuissance du langage d’exprimer l’indicible, l’impossibilité de traduire, en gestes ou en mots, les sons aujourd’hui perdus d’une langue morte. C’est espérer que du dialogue avec une machine pourra naître une autre dimension poétique.


Izabella Pluta – Metteur en scène (et) chercheur ? Le travail scénique face aux différentes modalités de la recherche au théâtre contemporain

pperformatives et les installations et qui porte un intérêt particulier au dispositif technologique, notamment à l’interaction « homme-machine ». Après avoir achevé sa formation à l’Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes (ERAC), elle accomplit le deuxième cycle au Conservatoire national supérieur d’art dramatique (CNSAD) et élabore son projet de recherche Cassandre-Matériaux dans lequel elle interprète cette héroïne mythique aux côtés de Jules Turlet, danseur sourd qui incarne le messager, de Venia Stamatiadi, qui porte la traduction en grec moderne de la prophétesse, et d’Alvise Sinivia, pianiste et compositeur, un projet qu’elle met également en scène. Notons que C. Chabalier a déjà une expérience de l’interprétation avec l’objet technologique et cela de par sa collaboration avec Jean-François Peyret (Re-Walden, entre autres). Malgré les compétences qu’elle a pu acquérir, Cassandre-Matériaux se dessine toujours comme un travail exigeant et ambitieux sur plusieurs plans : le projet intègre l’utilisation du dispositif Cigale que l’actrice doit apprivoiser, il se réalise au sein du Conservatoire, mais également au laboratoire Arts-H2H en collaboration avec le laboratoire Image Numérique et Réalité Virtuelle de l’Université Paris 8 et le laboratoire Sciences Formelles du Langages du CNRS et devient interinstitutionnel. L’hypothèse du projet est posée sous la forme d’une question : « Comment un dispositif technologique peut faire émerger un nouveau geste artistique ? » Le projet s’organise sur deux axes : le premier souhaite explorer le mythe de Cassandre et le second la figure du cyborg tel que défini par Donna Harraway. Pour ce dernier, l’actrice rejoint les questionnements placés au cœur du projet Cigale qui vise également à interroger les interactions entre l’homme et l’espace virtuel. C. Chabalier est amenée à un travail hétérogène : dramaturgique (écriture adaptation du texte en collaboration avec Jean-Loup Rivière), technologique (essais et tests avec le dispositif Cigale au sein de l’équipe, notamment avec Judith Guez, Jean-François Jégo et Dimitrios Batras) et interprétation scénique ainsi que de la mise en scène (fusions de ses nombreuses compétences et de multiples perspectives d’observation du processus de création). »


extrait vidéo : Jules Turlet et Venia Stamatiadi – introduction.