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CASSANDRE-MATÉRIAUX

Projet de recherche sur l'acteur et l'espace virtuel

Condamnée à prédire l’avenir sans jamais être crue, Cassandre est enfermée dans une tour par son père, Priam, souverain de Troie, lassé de ses malédictions. Pris de regret, il demande au gardien de lui rapporter ses paroles.

« Poème obscur » qui a traversé les siècles jusqu’à nous, dans la traduction de Pascal Quignard, ce texte mystérieux et passionnant retrace toute l’histoire de la Grèce Antique depuis la guerre de Troie jusqu’à la construction de l’empire d’Alexandre le Grand. Ecrit dans une langue codée et puissante, maniant l’énigme aussi bien que la périphrase, il devient le récit universel et inactuel de l’errance et de la guerre, le travail constant du poète visionnaire pour rétablir une mémoire disparue.

Mettre en scène ce texte aujourd’hui, c’est alors se confronter avec l’impuissance du langage d’exprimer l’indicible, l’impossibilité de traduire, en gestes ou en mots, les sons aujourd’hui perdus d’une langue morte. C’est espérer que du dialogue avec une machine pourra naître une autre dimension poétique.

d’après Alexandra de Lycophron
Traduction : Pascal Quignard

conception, adaptation et mise en scène : Clara Chabalier
avec : Clara Chabalier, Venia Stamatiadi, Jules Turlet (chansigne)
composition et jeu au cadre de piano : Alvise Sinivia
développement et conception de l’avatar : Jean-François Jego, Judith Guez, Dimitrios Batras
scénographie virtuelle  et sound design : Vicky Bisbicki
interprétation sonore : Paul Ramage (Alcôme)
assistant à la mise en scène : Thomas Morisset
médiatrice en langue des signes française : Claire Danet
création lumière : Emmanuel Valette

Production : compagnie Pétrole
avec le soutien du Théâtre Nanterre-Amandiers – Centre Dramatique National, du 104, et du Labex Arts H2H Cigale.
Ce projet bénéficie d’une aide à la recherche de la part du DICREAM (CNC) et du soutien de l’Institut Français d’Athènes.

Izabella Pluta « Metteur en scène (et) chercheur ? Le travail scénique face aux différentes modalités de la recherche au théâtre contemporain »

L’hypothèse du projet est posée sous la forme d’une question : « Comment un dispositif technologique peut faire émerger un nouveau geste artistique ? » Le projet s’organise sur deux axes : le premier souhaite explorer le mythe de Cassandre et le second la figure du cyborg tel que défini par Donna Harraway. Pour ce dernier, l’actrice rejoint les questionnements placés au cœur du projet Cigale qui vise également à interroger les interactions entre l’homme et l’espace virtuel. C. Chabalier est amenée à un travail hétérogène : dramaturgique (écriture adaptation du texte en collaboration avec Jean-Loup Rivière), technologique (essais et tests avec le dispositif Cigale au sein de l’équipe, notamment avec Judith Guez, Jean-François Jégo et Dimitrios Batras) et interprétation scénique ainsi que de la mise en scène (fusions de ses nombreuses compétences et de multiples perspectives d’observation du processus de création).

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